Dès le XVIIᵉ siècle, la situation exceptionnelle de Québec, à la rencontre du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Charles, favorise l’implantation des premiers chantiers navals. Sous l’intendant Jean Talon, des navires commencent à être construits sur les rives de la Saint-Charles afin de soutenir le commerce et le développement de la Nouvelle-France.
Une nouvelle étape est franchie en 1738 et 1739 avec l’aménagement du chantier naval du Roi, près du palais de l’intendant. Celui-ci comprend une cale de construction, des quais, des hangars et des ateliers où travaillent charpentiers de marine, forgerons, calfats, sculpteurs, voiliers et autres artisans spécialisés.
Sous la direction du maître constructeur René-Nicolas Levasseur, Québec devient alors un véritable centre de construction navale militaire. Entre 1739 et 1759, une dizaine de bâtiments destinés à la Marine royale française y sont construits, parmi lesquels le Canada, le Caribou, le Castor, le Carcajou, la Martre, le Saint-Laurent et l’Abénaquise. Cette dernière, lancée en 1756, demeure l’une des réalisations les plus remarquables des chantiers royaux de Québec.
Après la Conquête de 1760, la construction navale se poursuit sous le Régime britannique et connaît un essor considérable au XIXᵉ siècle. Les chantiers s’étendent sur les deux rives de la rivière Saint-Charles, notamment dans les secteurs de Saint-Roch et de Limoilou. Au milieu des années 1850, une vingtaine de chantiers y sont en activité. Ils construisent principalement de grands voiliers marchands destinés au commerce du bois et aux traversées de l’Atlantique.
Cette industrie fait vivre des milliers d’ouvriers et contribue profondément au développement économique et urbain de Québec. Toutefois, durant la seconde moitié du XIXᵉ siècle, l’apparition des coques de fer, la progression de la vapeur et les transformations du commerce maritime entraînent son déclin. Les grands chantiers de la rivière Saint-Charles disparaissent progressivement, laissant derrière eux un patrimoine exceptionnel aujourd’hui largement méconnu.
Le projet des Grandes Voiles du Québec souhaite faire revivre cette mémoire : celle d’une ville qui construisait des navires, formait des générations d’artisans et lançait sur le Saint-Laurent des bâtiments appelés à naviguer sur toutes les mers du monde.
Le futur chantier naval devra être beaucoup plus qu’un lieu de construction. Il devra devenir un espace vivant, ouvert au public, où seront réunis les métiers traditionnels de la construction navale, la transmission des savoir-faire, l’interprétation historique et la reconstruction de la frégate Québec.
Son implantation devra répondre à plusieurs exigences : disposer d’un terrain suffisamment vaste, offrir un accès direct au Saint-Laurent, permettre la mise à l’eau de la frégate et accueillir les visiteurs en toute sécurité. La proximité des transports, des établissements de formation et des principaux attraits touristiques devra également être considérée.
Cette implantation offrirait une visibilité exceptionnelle, à proximité du Vieux-Québec et des principaux circuits touristiques. Le chantier deviendrait immédiatement une attraction maritime majeure. Toutefois, l’espace disponible, les activités portuaires existantes et les contraintes d’aménagement devront être examinés avec l’Administration portuaire de Québec.
Le secteur portuaire de Beauport pourrait offrir davantage d’espace pour les ateliers, l’entreposage du bois, la construction de la coque et les opérations de mise à l’eau. Sa proximité avec le fleuve constitue un avantage important. L’intégration du chantier aux activités portuaires et son accessibilité pour le public devraient toutefois être étudiées.
Située au pied du cap Diamant, l’anse au Foulon possède des terrains portuaires et des quais donnant accès à des eaux profondes. Elle pourrait répondre aux besoins techniques d’un chantier de grande dimension. Sa distance relative par rapport au Vieux-Port pourrait être compensée par un aménagement touristique et une liaison adaptée avec le centre-ville.
La rivière Saint-Charles constitue le berceau historique de la construction navale à Québec. Une présence dans ce secteur aurait une très grande valeur symbolique. En raison des contraintes actuelles de navigation et d’aménagement, ce lieu pourrait accueillir une partie culturelle du projet : ateliers d’artisans, centre d’interprétation, expositions ou construction de petites embarcations traditionnelles.
À ce stade, aucune implantation n’est arrêtée. Le choix devra être réalisé avec la Ville de Québec, l’Administration portuaire, les institutions concernées et les futurs partenaires du projet.
L’objectif demeure clair : établir sur les rives du Saint-Laurent un chantier naval vivant, accessible au public et capable de construire puis de mettre à l’eau une frégate navigante. Ce chantier ferait renaître une page majeure de l’histoire de Québec tout en créant un nouveau lieu de transmission, de formation et de rassemblement.
L’implantation du chantier naval à Montréal, particulièrement dans le secteur du Vieux-Port, placerait le projet au cœur de l’une des destinations culturelles et touristiques les plus fréquentées du Québec. La construction de la frégate deviendrait une attraction visible et évolutive, invitant le public à suivre le projet depuis la pose de la quille jusqu’à la mise à l’eau.
Montréal bénéficie d’une accessibilité exceptionnelle. Son réseau de transport collectif, ses liaisons ferroviaires et routières ainsi que son aéroport international faciliteraient la venue des visiteurs, des artisans, des spécialistes et des partenaires provenant du Québec, du Canada et de l’étranger.
La métropole rassemble également de nombreuses entreprises, institutions financières, universités, écoles de métiers, musées et organisations culturelles. Cette proximité favoriserait la recherche de partenaires, la formation d’une nouvelle génération d’artisans et le développement de collaborations dans les domaines de l’histoire, du tourisme, de l’ingénierie et de la construction maritime.
Ouvert au public, le chantier pourrait réunir des ateliers de charpenterie navale, de forge, de sculpture, de voilerie et de fabrication de poulies. Un centre d’interprétation, des expositions, des activités pédagogiques, des boutiques d’artisans et une programmation événementielle permettraient d’animer le site pendant toute la durée de la construction.
La présence directe du Saint-Laurent offrirait enfin la possibilité de mettre la frégate à l’eau à proximité de son lieu de construction. Une fois achevée, elle pourrait demeurer temporairement au Vieux-Port, accueillir le public, participer aux événements maritimes et entreprendre ses voyages vers Québec, le golfe du Saint-Laurent et l’Atlantique.
Par son importante population, son rayonnement international, son dynamisme culturel et sa capacité à attirer des partenaires majeurs, Montréal représente une implantation particulièrement intéressante. Cette possibilité devra toutefois être étudiée avec la Ville de Montréal, la Société du Vieux-Port et les différentes autorités concernées.
Emplacement possible — aucune décision ni entente officielle n’a encore été conclue.
Québec et Montréal ne sont pas les seules implantations possibles. D’autres municipalités possèdent une histoire maritime, des terrains riverains, des installations portuaires ou des compétences susceptibles d’accueillir et de soutenir un projet de cette ampleur.
Trois-Rivières, Sorel-Tracy et Lévis figurent naturellement parmi les villes qui pourraient manifester leur intérêt. D’autres municipalités situées le long du Saint-Laurent, de son estuaire ou de son golfe pourraient également proposer un emplacement et présenter leur candidature.
Notre chère Gaspésie, avec son identité maritime profondément enracinée, ses ports, ses artisans et sa relation quotidienne avec la mer, possède elle aussi des atouts importants. Des villes et villages gaspésiens pourraient accueillir le chantier, participer à certaines étapes de la construction ou devenir partenaires du projet.
Toutes les municipalités intéressées sont invitées à nous faire connaître leurs possibilités : terrain disponible, accès à l’eau, installations portuaires, bâtiments existants, capacité d’accueil touristique, partenaires locaux ou programmes de formation.
L’emplacement définitif n’est pas encore choisi. Il devra offrir un accès navigable permettant la mise à l’eau de la frégate, mais aussi démontrer une volonté réelle de soutenir un chantier naval vivant, culturel, éducatif et ouvert au public.
Une municipalité québécoise souhaite accueillir ou soutenir le projet? Nous l’invitons à poser sa candidature et à ouvrir la discussion.
La construction de la frégate Québec fera revivre de nombreux métiers maritimes traditionnels. Charpentiers de marine, calfats, forgerons, sculpteurs, voiliers, cordiers, gréeurs et fabricants de poulies travailleront ensemble à sa réalisation.
Ouvert au public, le chantier permettra de découvrir leurs gestes, leurs outils et leurs savoir-faire, tout en favorisant leur transmission à une nouvelle génération d’artisans.